THE@TREetc. fête ses 15 ans !
La belle adolescente
THE@TRE etc. fête ses 15 ans. Une adolescence théâtrale pleine d’élans et de remises en question. J’ai parlé avec Marie‑France Saint‑Dizier, fondatrice et cheffe d’orchestre de la compagnie, pour comprendre comment ces années ont façonné leur identité et leurs projets à venir.
Par Flora Calman
La création de THE@TRE etc.
F. C. : Comment est née l’idée de créer THE@TREetc il y a 15 ans ?
M-F St-D : Je poursuis mon parcours de comédienne avec la création de THE@TREtc. La source principale de ce projet artistique est la passion de l’acteur pour la scène.
F. C. : Pourquoi ce nom, THE@TREetc. ?
M-F St-D : Il y a de l’anglicisme dans l’air et du latin par terre.
Axiome et infini.
Le « Musuem of modern art de New York » a fait entrer le caractère @ dans ses collections en 2010.
Théâtre et ceatera.
Le théâtre pour le don de soi.
Pour le plaisir de l’autre.
Ici, je reprends ce que je disais à la création.
Ce sigle semi-abstrait est l’étendard et l’ancre de la compagnie, tel que je l’ai créé.

Pédagogie
F. C. : Quelle est la ligne artistique de la compagnie ?
M-F St-D : Lors des CRÉATIONS, nous inscrivons de nouveaux médiums dans le processus de création, autour de thématiques contemporaines.
Pour L’ENSEIGNEMENT nous captons les nouvelles générations de professionnels dans le secteur de l’art vivant, notamment au cours Florent, pour délivrer des cours de théâtre auprès du public argenteuillais.



Sur tout le territoire de la ville, auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes et de seniors, nous délivrons des cours, des ateliers, des stages. Nous organisons des spectacles tous les mois de l’année. Les vacances scolaires, nous permettent de proposer des stages ou des sorties culturelles.
Théâtre Maurice Sochon, salle abbé Fleury, maison de quartier des coteaux, maison de quartier du val Nord, maison de quartier du centre-ville, auditorium de l’hôtel de ville d’Argenteuil, salle st Just, salle Rino della Negra, Cave dimière, auditorium de la cave dimière, Figuier blanc, parc des Cerisiers, butte des châtaigniers, jardin de l’abbaye de Notre dame, salle polyvalente Notre Dame, salle Valdocco coteaux, résidence Jean Baillet, résidence Ambroise Croizat, sont autant de salles, d’espaces municipaux et privés qui nous ont accueillis sur Argenteuil pour les spectacles d’élèves et toutes nos activités.
Une connexion permanente est activée entre les nouvelles générations d’artistes et le public qui fait ses premiers pas sur scène, ainsi que les passionnés de la scène qui ne peuvent ou ne veulent en faire leur métier.
Un objectif : délivrer la matière théâtrale si précieuse à un large public par de jeunes professionnels, eux-mêmes sensibilisés au bien commun et à la démocratisation du théâtre.
F. C. : Quelle est votre approche pédagogique du théâtre ?
M-F St-D : En direction des PRATIQUES ARTISTIQUES, nous proposons des cours et des actions favorisant le partage et la mixité, grâce à des dispositifs immersifs.
• « Nous favorisons la créativité des participants, l’engagement dans le projet collectif et l’apprentissage de l’art dramatique au travers d’une pédagogie tournée vers l’autre. »
THE@TRE etc. propose des ateliers de pratique artistique et des spectacles traitant de thématiques contemporaines.
Investir de nouveaux champs d’expression dans un processus de création inspiré de la vie de la cité et de l’intime féminin.
F. C. : Que cherchez-vous à transmettre aux élèves au-delà du théâtre ?
M-F St-D : Proposer des formes favorisant le partage. Favoriser la libre expression des participants dans un processus d’apprentissage qui met au premier plan la créativité personnelle, l’engagement dans le projet collectif et l’apprentissage de l’art dramatique au travers d’une pédagogie tournée vers l’autre.
Du respect des uns des autres et l’écoute.
Moments clés
F. C. : Comment THE@TREetc. a-t-elle évolué en 15 ans ?
M-F St-D : Quatre créations ont vu le jour ainsi que quelques collaborations artistiques. Les adhérents ont fait grandir la compagnie, enfant, adolescent, adulte, senior, d’année en année, avec les artistes qui ont partagé la scène avec eux, en diffusant leur savoir. De multiple projets leurs ont été proposés, des spectacles, des sorties, des tournages, des rencontres. La ville d’Argenteuil nous soutient, en ouvrant ses salles à titre gracieux, pour proposer des tarifs raisonnables aux argenteuillais.
F. C. : Quels moments ont été des tournants importants dans l’histoire de la compagnie ?
M-F St-D : La décision des plus heureuse, a été d’ouvrir à de jeunes artistes, professeurs, après dix années à mettre en place et en scène les différents cours de théâtre sur la ville.
Les projets, tel LOIN DES ÉCRANS, en partenariat avec la Cité éducative, mission passionnante, menée auprès des collèges pour accompagner les collégiens à prendre conscience de l’effet des réseaux sociaux et leur donner les outils pour les en éloigner.

Ou encore THÉÂTRE HISTOIRE et petites histoires, en partenariat avec la Ville et le département pour dispenser auprès des quartiers prioritaires, le programme d’histoire et d’instruction civique via le théâtre. Je pratiquais cette démarche à L’EDA, école de pédagogie alternative, depuis une dizaine d’années, où je pouvais constater comment les enfants comprenaient et retenaient plus en jouant les situations.

Oui, c’est un tournant pour la compagnie et une immense joie que ces projets aient vu le jour dans des missions au service de la ville et de l’état.
F. C. : Y a-t-il des projets ou spectacles qui vous ont particulièrement marquée ?
M-F St-D : Le premier, bien sûr. J’avais eu des salles trop tardivement sur la rentrée de septembre, pour ouvrir des ateliers à des apprentis comédiens. J’ai tiré parti de ces créneaux pour en faire une création. Est né « C’est la faute à Caubère », un seul en scène, où je m’interrogeais sur la matière théâtrale, l’art vivant et mon parcourt.

Je me souviens aussi d’un spectacle, pluri-générationel. Réunir, des enfants, des adolescents, des adultes et des séniors sur un même plateau est un privilège. Le public qui découvre pour la première fois un spectacle et qui remercie que cela puisse être.
Et encore, une mise en espace, une lecture, des femmes, que des femmes, sur les violences faites sur ces dernières à travers le monde et les âges de la vie. Nous étions une douzaine, ce fut un des premiers projets que nous avions présenté salle Jean Vilar, encore un autre lieu que j’omettais de citer. La sélection et le montage des textes, la direction de ces femmes qui n’étaient pas des actrices, avaient été passionnant, pour moi, pour elles. Que de bons auteurs, que de sacrées femmes !
Je suis tellement reconnaissante de toute cela. Je ne peux que vouloir le transmettre dans les meilleures conditions.
F. C. : Y a-t-il des projets ou rêves que vous aimeriez encore réaliser ?
M-F St-D : Oui. Nous sommes ancrés dans la réalité et l’aboutissement des projets qui s’enchaînent et se projettent sur les années futures. Je souhaite vivement un lieu consacré au théâtre dans le quartier des coteaux, pour répondre à la demande qui a toujours été criante dans cette zone. Seule la maison de quartier peut accueillir des activités. Que rêve et réalité continuent leur œuvre.
Le public et nos adhérents
F. C. : Comment le public et les élèves ont-ils évolué au fil des années ?
M-F St-D : Dès le départ, la mixité des quartiers sur Argenteuil était une de mes priorités. THE@TRE etc. se concentre pour ses activités sur la ville d’Argenteuil, qui bénéficie d’un public socio culturel très varié.
Ce qui a vraiment changé, c’est le nombre au sein de l’association. En 2010 j’étais seule. En 2026, nous sommes 300.
Si les cours seniors, avec le C.C.A.S., ainsi que les cours enfants et adultes ont été enclenchés dès la création de la compagnie, ont suivis quelques années plus tard l’ouverture des cours d’improvisation. La demande de cette discipline était forte, tant au niveau des adolescents que pour les adultes.
Le public s’est intensifié, cette saison autour de 1000 spectateurs viennent applaudir le travail des élèves. Depuis 2011, 1800 adhérents ont pu bénéficier des activités délivrées par les artistes.
F. C. : Qu’aimeriez-vous dire aux élèves, anciens élèves ?
M-F St-D : Savent-ils combien ils m’ont apporté de joie ? J’espère qu’ils sont nombreux à avoir pris conscience de ce que leur a apporté la scène, cette riche et généreuse matière théâtrale. Car cette matière nous accompagne et nous grandit dans la vie de tous les jours.
Profitez de tous de ce que vous apportent vos metteurs en scène et professeurs. Ils sont choisis parmi les meilleurs, pour leur professionnalisme et leur bienveillance.
Profitez de l’expérience théâtrale pleinement, vous en ressortez transformés et grandis.
F. C. : Quelles valeurs avez-vous toujours voulu défendre à travers la compagnie ?
M-F St-D : Les valeurs. Je me positionne à ce niveau. Protéger, défendre, guider sur les valeurs, tant de la République quand il en est besoin. De la bienveillance, en continue, pour l’encadrement des enfants. De la sécurité, pour les adhérents dans leur globalité. De la protection du bien public, car nous bénéficions sur la ville d’Argenteuil de salles municipales ; c’est une chance inestimable que de pouvoir sensibiliser à ce que nous partageons en commun. Du partage, qu’il soit des idées, du matériel, des répertoires, nous partageons, nous avançons et nous grandissons ensemble.



La place des professeurs
F. C. : Quelle place occupe les professeurs dans la vie de la compagnie ?
M-F St-D : Une capitainerie. Les professeurs, metteurs en scènes et artistes qui composent l’équipe artistique forment le moteur central de la compagnie. Ils sont les maîtres d’œuvre, dans le sens le plus large.
F. C. : Que représentent les bénévoles pour THE@TREetc. ?
M-F St-D : La forme associative fonctionne avec les adhérents et les bénévoles. Ils sont la richesse de l’association. Cela permet d’avoir des passionnés dans différentes disciplines, les décors, les costumes, les affiches, une grande variété de profils selon les années, des rencontres entre artistes et bénévoles, quand ils ne sont pas eux-mêmes des artistes.
F. C. : Qu’aimeriez-vous dire aux bénévoles ?
M-F St-D : Merci. Personnellement, merci. Et de la part de tous ceux qui ont composé les équipes et de tous les participants que vous avez aidé. Que vous soyez celui qui aide un enfant en coulisses à se costumer, à celle qui créé un décor, à celui qui compose une bande son, celui qui branche un câble, celle qui créé un programme incroyable, celui qui aide sur scène, à celle qui apporte les cafés. Vous êtes si nombreux, chaque année. Toujours présents, chaque année. Vous arrivez souvent dans les moments les plus chargés de l’année. Alors, merci, merci !





À l’occasion des 15 ans
F. C. : Comment décririez-vous l’esprit collectif de la compagnie ?
M-F St-D : Je tiens beaucoup à l’esprit collectif de la compagnie. Une réunion n’est envisageable qu’avec l’ensemble des membres. Toutes les décisions que je prends, sont validés par l’équipe. Le collectif est essentiel.
F. C. : Que représentent ces 15 ans pour vous personnellement ?
M-F St-D : La naissance de la compagnie, ses premiers pas et son positionnement sur Argenteuil en 2026.
F. C. : Comment est née l’idée d’organiser une journée portes ouvertes ?
M-F St-D : Mettre à l’honneur tout le chemin parcouru par la compagnie, mettre en lumière les adhérents, les acteurs, les professeurs, les bénévoles qui nous ont accompagnés depuis le début de cette grande aventure.
F. C. : Que pourront découvrir les visiteurs lors de cette journée ?
M-F St-D : Tout d’abord, des ateliers menés par des professeurs sont proposés pour tous les enfants qui souhaitent découvrir ce qu’est un cours de théâtre. Toujours perpétuer la passion du jeu. Une exposition de photos revient sur des clichés capturés durant ces 10 dernières années. Bien évidemment, c’est l’occasion de se pré-inscrire pour les cours de l’année prochaine et de poser des questions à l’équipe enseignante.
F. C. : Pourquoi était-il important de proposer des activités animées par les professeurs ?
M-F St-D : Cela recoupe avec l’idée que les metteurs en scène, artistes et professeurs sont les maîtres d’œuvre de la compagnie. Il coulait de source qu’ils animent en partie une journée portes ouvertes.
F. C. : Pouvez-vous nous parler du diaporama et de l’exposition photo ?
M-F St-D : Pour le diaporama, c’est ce que nous avons pu trouver de visuels sur les 15 années passées, tout du moins une sélection. C’est un régal à partager. L’exposition photo est partagée entre des photos prisent lors de cours, lors des spectacles et les affiches des spectacles.
F. C. : Si vous deviez résumer ces 15 années en un mot ou une émotion, lequel choisiriez-vous ?
M-F St-D : Une belle adolescente.



